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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 08:01

Si la tendance est d’assimiler toute manifestation populaire à une manifestation culturelle, il faut différencier cependant création et animation. Une animation est un spectacle donné qui ne nécessite pas de participation des spectateurs. La création culturelle base d’une politique culturelle nécessite au minimum l’adhésion ou mieux la participation du public. L’adhésion est nécessaire pour tout individu qui souhaite se cultiver, la participation qui consiste à montrer ce qu’on sait faire étant un stade de plus dans l’implication.

 

 

Les fondements des politiques culturelles

 

 

 

L’argument le plus souvent invoqué pour défendre les politiques interventionnistes en matière de culture consiste à insister sur les retombées positives de la culture sur le plan politique et sur le plan économique. On insistera ici plus particulièrement sur les aides aux spectacles vivants. Les dépenses d’entretien du patrimoine ont toutefois des motivations proches.

 

Les retombées politiques

 

 

- La culture dissipe la mauvaise humeur des nations (argument développé par Adam Smith) . Une vie culturelle riche, un grand nombre de spectacles, contribuent à l’amélioration de la qualité de vie générale. Les aides à la culture peuvent être alors assimilées aux actions en faveur du paysage et de l’environnement.

 

- Spectacles et fêtes sont nécessaires au déchargement des tensions collectives. Faites du rap, pas la guerre ! L’Etat doit organiser festivals et événements, rituels modernes qui assurent la cohérence du lien social ; les artistes ont ici bien sûr un rôle clé, comme principaux agents de cohésion.

 

- La vie culturelle d’un pays est gage de liberté. L’art est un élément essentiel de la vie politique en démocratie. Les oeuvres d’arts révèlent les conflits, posent les questions de fond ; le théâtre est un lieu de réflexion politique (de Sophocle à Brecht). Preuve de ceci : les régimes totalitaires ont tous enfermé leurs artistes.

 

-         Les milieux culturels sont le lieu de contacts internationaux et d’échanges d’une grande richesse. L’art contribue ainsi à l’amitié entre les peuples. Une vie culturelle riche, c’est aussi du prestige sur la scène internationale ; les pays qui soutiennent les arts fascinent : la culture est un enjeu de pouvoir.

 

 

Les retombées économiques

 

 

D’après d’assez nombreux rapports, les dépenses culturelles sont source de richesse à long terme.

 

- Le soutien à la création artistique a d’abord des conséquences indirectes sur les industries culturelles. Le théâtre est un laboratoire de recherche et un vivier pour le cinéma, le cinéma d’auteur pour le cinéma grand public, qui génère lui même d’importants profits. 

 

- Les arts et la culture contribuent au tourisme. En France, l’investissement culturel est ainsi devenu partie intégrante des politiques d’aménagement du territoire. Le maire de New York, a annoncé en 1992 que la ville de New York verserait des bourses à des institutions culturelles : la culture aurait eu un impact économique de 55 milliards de francs pour la ville, en frais de transports, d’hôtellerie et de restauration, liés à l’activité culturelle.

 

  - Enfin, encore une fois au niveau international, l’existence d’une vie culturelle riche et de haute qualité est un argument pour la venue d’étudiants étrangers comme pour l’installation de sièges sociaux de multinationales ou d’organisations internationales.

 

 Dépenser pour la culture, c’est attirer des populations fortunées qui dépensent sur place leurs revenus.

 

A QUOI SERT LA CULTURE ?

 

On peut en avoir une conception individualiste, l’augmentation des connaissance de l’individu, mais cette définition restrictive ne peut être la base d’élaboration d’une politique culturelle qui bien que devant tenir compte de ce critère, doit s’intéresser au plus grand nombre.

 

Doit-on, alors, considérer la culture comme l’expression d’une société ? Restreindre la culture à l’expression d’une société, c’est en faire le témoin du passé. Certes notre passé est prestigieux, mais il s’est construit d’apports ou d’assimilations extérieures notables. En fixer le terme, c’est momifier notre culture et la priver de toute évolution.

 

Ne devrait-on pas en faire le moyen de cohésion d’une société multiculturelle ?. La culture dissipe la mauvaise humeur des nations (A. Smith). S’orienter résolument vers le multiculturalisme, c’est prendre en compte les apports extérieurs actuels et permettre la créativité.

 

 

 C’est là notre option qu’il nous faut décliner de façon organisée.

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