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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 09:45

 

Tout le monde le sait, nous sommes dans un système économique libéral c'est-à-dire basé sur la libre concurrence. La libre concurrence est dans ce modèle l’élément central de régulation mais chacun sait aussi que la libre concurrence n’existe pas. Tous les pays ont soit des règlements qui tentent de réduire la pénétration de leur marché soit des aides aux produits de fabrication locale. Les entraves à la pénétration peuvent être des quotas ou des normes administratives. Le champion dans cette façon de faire se sont les USA qui ont des normes administratives  qu’ils réactualisent régulièrement rendant ainsi difficile la pénétration de leur marché. A l’autre extrémité de la chaine les états peuvent aider leurs productions et la France avec la PAC est de ce point de vue bien placée. Dès qu’une filière est en difficulté des fonds européens ou nationaux sont utilisés. Nous venons d’avoir un plan d’aide à la pêche, à l’ostréiculture, aux producteurs de lait etc.
A l’intérieur de l’Europe peu de loi, de règlements, entravent la circulation des produits. L’Europe conglomérat supranational édicte seule ses recommandations et ses directives qu’elle impose aux pays membres. Sous l’égide d’une idéologie libérale elle réduit régulièrement l’interventionnisme des états au profit du sien propre. L’intervention de l’Europe se sont soit des aides soit des interdictions auxquelles il faut obéir .

Dans un monde totalement accessible il est normal que celui qui produit un bien tente de le faire au meilleur coût pour pouvoir le diffuser sur le marché avec une marge suffisante et, c’est pourquoi depuis une trentaine d’années on assiste aux délocalisations d’activités.

La recherche du moindre coût ça peut être trouver un lieu ou les contraintes environnementales sont nulles ou un pays où l’impôt sur les sociétés sera faible voire un état où le coût de la main d’œuvre sera bon marché, l’idéal étant la combinaison des trois. Une distorsion existe entre les différents pays de l’union européenne mais aussi entre l’Europe et le reste du monde. Dans ces conditions il est difficile de faire jouer la préférence nationale en matière d’emploi car on trouvera toujours un pays où il est possible de produire moins cher. Sans refaire l’histoire de l’économie on peut dire que dans un premier temps les patrons ont décentralisé leurs activités en créant ailleurs des unités de production. Ailleurs c’était souvent dans les pays du Maghreb et chacun se souvient de l’installation de toute notre filière textile en Tunisie.  Puis pour être encore plus mobiles les entreprises ont pris un intermédiaire local soit par choix soit parce que le système le leur imposait comme c’est le cas dans de nombreux pays de l’Est et en Extrême- Orient. Cet intermédiaire, réalise en partie ou en totalité l’investissement industriel ce qui permet aux entreprises de partir pour un pays moins cher dés que la rentabilité diminue. Dans cette phase qui couvre en gros les années 1980 les patrons ont vu croitre leurs marges, ils se sont enrichis. Les banques et les fonds de placement se sont peu à peu substitués à eux intéresses par les marges dégagées. Ils ont à leur tour investi sous forme de prêts en imposant au départ un rendement usuraire. Pour pouvoir tenir leurs engagements les entreprises n’avaient que deux choix, augmenter leur rendement ou réduire parfois de façon brutale leur dépenses. On sait ce qui est advenu. Les entreprises ont réduit d’abord les dépenses superflues, telles celles liées à la communication, aux stocks, puis c’est l’entretien qui en à pâti enfin c’est l’emploi qu’il a fallu réduire. A force de presser le citron il n’a plus eu de jus et le crash financier est arrivé.

 Aujourd’hui, bien que l’état ait renfloué les banques, le secteur automobile, les grandes entreprises, la situation reste morose et les licenciements se multiplient du fait du ralentissement de l’économie qui impose aux entreprises de réduire la voilure. Plus de 200 000 chômeurs de plus depuis le début de l’année et pas de perspective d’amélioration rapide tel est le bilan de ces six premiers mois. Alors que les entreprises françaises réduisent leurs activités à l’étranger , les entreprises étrangères implantées en France réduisent aussi leurs actifs sur notre territoire. Si Bic va fermer 600 emplois aux USA, et Alcatel un millier au Canada et en Allemagne, parallèlement, Goodyear supprime 870 emplois à Amiens , Hewlett-Packard 580 , Caterpillar 600 à Grenoble, et Continental  ferme son usine de Clairvoix.

On peut ici parler de patriotisme économique, patriotisme né de la crise mais qui présente les mêmes risques que les délocalisations. On aurait pu lutter  en temps et en heure contre les délocalisations , ce que nous n’avons pas fait, il sera plus difficile de lutter contre la préférence nationale même en multipliant les actions dures comme les séquestrations.   Ainsi Maryse Dumas numéro 2 de la CGT pose les questions suivantes : « Où se trouvent aujourd’hui les véritables centres de décision ? En France ou à l’Etranger ? Les séquestrations naissent de cette indétermination. Il faut construire un rapport de force capable de faire plier les dirigeants peu sensibles à ce qui se passe ici sans pour autant tomber dans un syndicalisme national ». Je lui souhaite bien du plaisir, la tendance sera dure à inverser.

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