ANALYSE POLITIQUE, ECONOMIQUE ET SOCIOLOGIQUE
Une société c’est un regroupement d’individus autour d’un projet commun. Dés lors qu’une partie du groupe n’adhère plus au projet l’ensemble social subit des tensions qui peuvent amener à son éclatement. J’ai plusieurs fois critiqué celles et ceux qui profitent de la crise pour s’exclure « par le haut » de la société. Ils sont dieu merci peu nombreux et quittent pour la plupart le territoire national fortune faite. Aujourd’hui je voudrai vous parler des exclus par « le bas » si j’ose dire, c'est-à-dire de ceux qui sont sur la touche et qui ne peuvent pas partir.
Il y a tout d’abord les SDF qui se sont exclus par choix ou que les circonstances ont exclus et que les associations caritatives tentent de réinsérer . Ils sont environ 100 000.
Il y a ensuite les chômeurs dont on souhaite qu’ils ne le soient que temporairement. Ils sont un peu plus de 2 000 000.
Il y a les travailleurs pauvres qui touchent 50% du SMIC et qui seraient plus de 4 000 000.
Il y a les retraités touchant le FNS de 600€ et qui sont 600 000.
Il y a aussi les jeunes dont plus de 20% sont en recherche d’emploi et qui vivent avec moins de 880€ par mois. Il sont 1 500 000.C’est d’eux que je veux parler.
Si j’ai fait cet inventaire à la Prévert qui rassemble malgré tout près de 8 000 000 de personnes c’est pour mettre en exergue les ferments d’une guerre des générations qui risque de s’aggraver malgré les départs à la retraite massif des papy- boomers. Près de 6 000 000 de personnes vont quitter la vie active dans les 2 prochaines années. Ces futurs retraités n’ont pas connu de difficultés pour trouver un emploi ni pour progresser dans leur carrière et partiront avec des retraites pleines et élevées ce qui agace pour ne pas dire plus les jeunes qui peinent à entrer sur le marché de l’emploi et qui voient bien qu’ils auront un parcours professionnel plus heurté que celui de leurs ainés. On pourrait penser que ces départs seront compensés par l’entrée des jeunes dans la vie active mais avec la crise actuelle rien n’est moins sur. Or comme je le disais plus haut une société se caractérise par la solidarité intergénérationnelle ce que les jeunes contestent de plus en plus. Je n’en veux pour seule preuve que l’intérêt que suscitent les thèses d’O Besancenot auprès de ces derniers et vous invite à réfléchir au risque qu’il y aurait si des thèses diamétralement opposées reprenaient cette idée, eugénisme quand tu nous tiens. Dans un tel contexte sociologique aujourd’hui masqué par les difficultés économiques il est urgent de prévoir un plan d’aide aux jeunes pour renouer la cohésion sociale.
Martin HIRSCH et le gouvernement ont réfléchi et adopté un plan de réinsertion des jeunes basé sur un livre blanc de 24 propositions. Beaucoup d’entre elles sont des gadgets comme par exemple payer les stagiaires 20% d’un SMIC ( 200€ environ) après deux mois de stage. C’est ridicule et inopérant.
Séparons tout d’abord ces jeunes en deux groupes, ceux qui ont quitté l’école sans diplôme, ils représentent 60% de l’ensemble et ceux qui souhaitent poursuivre leurs études.
Le plan est fait pour les premiers. Bien que sous estimé il consiste en l’extension de l’apprentissage pour les plus jeunes et en des contrats emploi formation pour les plus âgés. En cela c’est un bon plan mais l’état devrait aussi leur donner une certaine autonomie et leur permettre de se loger à moindre frais en s’engageant comme il l’a prévu dans la création de structures adaptées soit en les construisant ou en réhabilitant des logements vides. Ces actions devraient leur permettre une meilleure intégration dans le monde du travail car je le rappelle 57% de ces jeunes sont sans emploi ou vivent de contrats précaires.
Pour ceux qui souhaitent poursuivre des études et qui ne sont pas pris en compte par le plan outre des facilités de logement à prévoir comme précédemment il faudrait assortir tous les cursus de stages obligatoires et rémunérés dignement des le premier jour. Ces stages seraient gérés par les universités . En effet prendre en stage dans des entreprises des jeunes formés, inscrits en maitrise ou en doctorat sans avoir à les payer n’est pas digne d’un pays qui veut privilégier l’innovation et la recherche. Ce système de stages s’additionnerait aux bourses pour les moins aisés et leur donnerait une certaine autonomie pour l’année .
Or il n’est prévu que 1,3 MD€ pour réaliser ce plan qui concerne 300 000 jeunes soit moins de 5000 € par an et par jeune ce qui sera probablement insuffisant. Peut être s’agit il de la méthode de Martin Kirsch débuter un grand projet avec un budget sous dimensionné en se disant qu’une fois engagé il sera difficile de revenir en arrière car il a déjà fait le coup avec le RSA qui est notoirement sous évalué.
En créant un plan sous évalué et partial car ne traitant que d’une partie du problème l’état prend le risque de son échec. Faisons le évoluer et adoptons des mesures efficaces rapidement ou nous risquons de nous retrouver confrontés à des actions de plus en plus violentes et au-delà à une négation de nos valeurs sociétales voire à un conflit des générations.